LE DOMAINE VALGA & LA FORÊT DE MAÎTRE CORBEAU

Mettons un peu d’action dans notre escapade, nous partons à environ 1h de route de nos « Tiny Houses » au Domaine Valga près de Rimouski ! Nous sommes accueillis par le charmant couple Chantal et Eric, les propriétaires de ce lieu enchanteur. Ces gens-là sont l’incarnation de ce que l’on attend des hôtes d’une auberge : très chaleureux, disponibles et passionnés. Ils nous dirigent vers le lieu de notre activité non loin de l’auberge où nous rencontrons Guillaume, notre guide d’accrobranche pour la matinée.

LA MATINÉE ACCROBRANCHE AVEC MAÎTRE CORBEAU

Il nous équipe de baudriers, nous rappelle quelques consignes de sécurité élémentaires et nous nous enfonçons déjà au cœur de la Forêt de Maitre Corbeau. Ce n’est pas notre premier parcours accrobranche et notre côté casse-cou conforte Guillaume pour nous envoyer directement sur le parcours #4. Avec une hauteur moyenne de 20 pieds (6m), les éléments sont adaptés pour des personnes ayant une bonne condition physique. J’ai un peu peur mais Guillaume est confiant. Je pense qu’il surestime légèrement mes biceps mais soit ! Je me laisse guider et nous démarrons le parcours. Tout se déroule très bien et nous rions beaucoup ; je fanfaronne. Nous ne sommes que tous les trois sur le parcours ce qui nous permet d’avoir de bons moments de complicité.

Après quelques efforts, nous finalisons le parcours #4 et enchainons naturellement sur le suivant. On augmente la difficulté ! Wow, ça semble plus haut… surement un tour de mon esprit ! Les jeux se compliquent aussi. Nous devons marcher sur des échasses suspendues, tenir en équilibre sur des bûches qui roulent sur elles-mêmes, se lancer en étant accrocher à une corde comme le ferait notre ami Tarzan. J’ai chaud et je commence à avoir les membres qui tremblent. Je ris fort en prétextant que les éléments glissent à cause de la pluie. Les garçons ne me croient pas, évidement. Je me vois raconter les blagues les plus pourries du monde. Après coup, je réalise que c’est mon moyen d’autodéfense pour vaincre ma peur des hauteurs. Gallien, lui, enchaine les jeux sans encombre. C’est qu’il a des bras le petit ! Pas comme sa sœur.

Je me lance sur une tyrolienne en prenant de l’élan pour ne pas rester bloquée. Vous allez rire mais j’arrive si vite que je rebondis sur le coussin de réception qui me propulse dans l’autre sens… me bloquant au milieu de la corde. Sympa. Je remonte à la force des bras jusqu’à la plateforme, les quelques mètres qui m’y séparent me semblant une éternité et m’écrase comme un caca au pied de notre guide épaté par tant de dextérité. Un beau moment de solitude comme on les aime (ou pas !). Heureusement que Guillaume est là pour me mettre un coup de pied au derrière pour m’aider lorsque la peur me tétanise alors que je ballote gracieusement sur un câble suspendu dans le vide.

Finalement, je décide d’arrêter à la fin du parcours #5, épuisée mais fière, et laisse ainsi les deux garçons terminer le parcours de tyroliennes sans leur boulet. (donc –moi-, si vous suivez !). Nous saluons notre super-guide et rentrons vers l’auberge le ventre criant famine.

LE REPAS AVEC NOS HÔTES

C’est à la table des hôtes Chantal et Eric que nous partageons le repas. Nous sommes accompagnés par deux couples de retraités français très sympathiques en vacances au Québec. Autour d’une belle plâtrée de spaghettis bolognaises maison, les discussions vont bon train. Les échanges sont spontanés, chacun partage ses anecdotes dans une ambiance très chaleureuse et bienveillante. Lorsque c’est au tour d’Eric de prendre la parole, tout le monde se tait et l’écoute avec admiration. Bûcheron de métier, il a construit de ses propres mains l’auberge dans laquelle nous nous trouvons. Ce gentil couple accueille des voyageurs du monde entier, mais plus particulièrement d’Europe depuis 2002. Alors imaginez le nombre d’anecdotes multipliées par le nombre de visiteurs qu’il a reçu depuis toutes ces années… Je ne pense pas qu’il se trompe lorsqu’il me taquine en me disant qu’il connait mieux l’Europe que moi. Il s’amuse en racontant qu’il connait l’Alsace et la Bretagne sans même déjà y avoir déjà mis les pieds. Derrière lui, sur le mur de bois, se dresse une carte de la France percée de punaises déterminant les villes d’origine de chacun de ses convives. « Ce qu’il préfère chez les français » raconte-il, « c’est confronter leurs idées avec les nôtres ». Nous passons au dessert. « Qu’il est bon ce Carrot Cake ! ». Carrot Cake ?! On me corrige immédiatement avec un large sourire : « Ici, on dit gâteau aux carottes »… Le débat est lancé ! Quel meilleur sujet que l’utilisation abusive d’anglicismes dans la langue française pouvions-nous trouver entre 6 français et 2 québécois. Nous passons un super moment entrecoupé de fou-rires et de taquineries lancées à nos voisins de table. Le temps passe… Nous sommes obligés d’écourter et nous quittons la table en ayant l’impression de quitter des amis qui nous étaient inconnus quelques heures auparavant.

AVENTURE ARCHIPEL AU PARC NATIONAL DU BIC

Pas de temps de digérer, après 30 min de voiture, nous voici vêtus de gilets de sauvetage, pagaies en mains, prêts à grimper dans un kayak pour une excursion de 3h en mer ! Aventure Archipel propose des sorties pour découvrir le magnifique Parc National du Bic que nous avions vu la veille mais cette fois-ci, directement depuis le fleuve. Notre guide contrôle notre équipement puis nous aide à nous installer. Nous sommes nombreux : 24 personnes pour 3 guides. Pas le temps de sympathiser avec eux, nous voilà déjà les fesses dans nos embarcations pour affronter les vagues. D’après leurs dires, le vent devrait se calmer pendant la balade et donc nous permettre d’avancer plus facilement. Effectivement, celui-ci nous arrive de face assez violemment et nous oblige à avancer en diagonal afin d’éviter les vagues. Mais c’est qu’elles sont grosses ! Certaines passent même par-dessus le kayak ! Heureusement que la jupette nous isole un peu les jambes mais nous avons le visage trempé. Habituée au kayak de rivière, je pensais faire une balade tranquille pour reposer mes membres de la matinée d’accrobranche… Que nenni ! On voulait du sport, en voilà ! Certaines personnes rebroussent chemin par la difficulté de l’activité mais nous, maso comme on est, s’éclatons à prendre les plus grosses vagues en rigolant comme des phoques. Heureusement que l’appareil photo est dans une pochette étanche et que nos lunettes sont attachées par un cordon ! D’ailleurs à ce propos, toujours pas de petits museaux à l’horizon pourtant nous gardons l’œil ouvert. Les guides nous racontent que certains groupes plus chanceux arrivent à approcher les phoques pendant leurs excursions. Décidément…

Finalement, le vent se baisse lorsque nous approchons des côtes du Parc National du Bic. Qu’est ce que c’est beau ! Le paysage me coupe le souffle… Nous faisons une petite pause sur la plage pour reprendre notre souffle et transportons nos kayaks un peu plus loin. Nous nous retrouvons de nouveau sur l’eau qui est cette fois-ci beaucoup plus calme. Je m’autorise à laisser Gallien pagayer seul le temps de prendre quelques photos.

L’autre sens se fait plus facilement. Avec le vent dans le dos, c’est bien plus amusant ! Parfois, notre kayak surfe sur des grosses vagues. Le temps se dégage pour laisser apparaître un grand ciel bleu, nous sommes enchantés. J’en oublierai presque mes bras qui me brûlent. 18h30, nous terminons l’exclusion à la hâte, le visage séché par le sel car une dernière aventure nous attend aujourd’hui…

L’ONONDAGA – UNE NUIT DANS LA PEAU D’UN SOUS-MARINIER

On se dépêche ! Pas le temps d’enfiler des vêtements secs, nous filons direction Pointe-au-père où nous avons rendez-vous à 19h00 pétante ! Et gare aux retardataires ! Nous ne voulons pas risquer de passer à côté de l’aventure qui se prépare… c’est donc avec les cheveux encore mouillés et les tongs aux pieds que nous arrivons à l’entrée de L’Onondaga, authentique sous-marin de la Marine Royale Canadienne à la retraite. Après un service de 33 ans (de 1967 à 2000), ce monstre d’acier long de 90m pesant 1 400 tonnes est désormais en cale sèche sur son site d’exposition permanent. Transformé en musée depuis 2009, l’Onondaga accueille à son bord les visiteurs curieux de partager un morceau de vie mystérieuse d’un sous-marinier.

Ce soir, nous ne nous contenterons pas simplement de le visiter, mais nous allons passer la nuit à son bord. Oreillers et duvets à la main, nous arrivons dans le hall du musée où nous sommes accueillis par le Capitaine Gélinas. Ce monsieur aux cheveux grisonnants et vêtu d’une tenue d’officier de sous-marinier sera notre guide pour la soirée. Cette nuit nous serons 10 chanceux à dormir sur les confortables couchettes du submersible. Nous démarrons la visite par une pause avant d’entrer par la porte en acier par laquelle nous ne ressortirons que le lendemain matin. Le capitaine nous présente la bête, nous nomme les différentes antennes sur la partie supérieur, répond aux quelques questions des impatients qui ont hâte d’en savoir plus (et dont je fais partie). Quelques instants plus tard, nous rentrons dans le navire, tous un peu intimidés et pour cause… nous arrivons directement dans la salle des torpilles et c’est face à un engin explosif de plusieurs mètres de long que nous nous retrouvons. La mâchoire m’en tombe. La visite commence.

Par petits groupes, le capitaine nous assigne nos couchettes pour la nuit. Nous aurons respectivement les couchettes 15 et 17 du carré des maîtres (ce qui est plutôt une bonne place) et nous partagerons la pièce avec un autre couple. Certains sont moins chanceux et dormiront dans les couchettes donnant sur le couloir. Nous entamons la visite, écoutant attentivement l’histoire que nous raconte le Capitaine Gélinas. Nous sommes tous les 10 pendus à ses lèvres. Le capitaine nous partage des centaines d’anecdotes et répond à toutes nos questions avec une extrême précision. C’est envoûtant. Les yeux brillent, et pas seulement ceux des enfants. Difficile d’imaginer la vie quotidienne et continue de plus de 60 hommes dans cet espace confiné. A certains endroits, les couloirs sont si étroits que mes hanches touchent les murs de chaque côté. Nous en apprenons d’avantage sur la vie des militaires et leur formation, le fonctionnement des outils, les techniques de pistage… C’est un véritable bon dans le temps. On trouve à certains endroits des petites notes écrites sur papier scotchées sur les parois du sous-marin. Nous traversons la salle de contrôle avec sa fameuse lumière rouge et ses instruments anciens suivie de la salle des machines où l’odeur du gazoil est encore perceptible.

Chaque pièce dispose de son lot de petites histoires… Une belle cohésion se créée dans le groupe, les langues se délient, les questions ne cessent. Je pense même voir une sorte de défi de celui qui trouvera LA question qui clouera le bec au capitaine, en vain. Nous traversons la minuscule cuisine, passons devant les toilettes et les douches plus que rudimentaires. Un fou rire général s’enclenche lorsque nous apprenons que les douches sont chronométrées à seulement quelques secondes par sous-marinier….

On traverse difficilement les étroites écoutilles qui séparent les pièces. Pas facile de progresser dans un espace si chargé et si étroit. Je regrette d’avoir mis des tongs. Au début de la visite, je me disais que je n’aurais pas aimé être sous-marinier, à la fin, je me dis qu’il faut vraiment être fou pour le devenir. Les explications du capitaine forcent un respect incroyable parmi ceux qui les écoute pour ces courageux qui ont parfois passé plusieurs mois à bord du navire. Quelle expérience incroyable et enrichissante. Je me sens comme une enfant. Quelques surprises au cours de la visite… et voilà l’heure d’aller nous coucher. Qu’est ce qu’elles sont raides ses couchettes. Seulement quelques centimètres séparent mon visage de la couchette du dessus. Lorsque le noir se fait, j’ai un peu l’impression d’être dans un cercueil. Je sens que la nuit va être longue…

07h00 pétante, nous sommes réveillés par le clairon du Capitaine Gélinas ! Tout le monde debout et au rapport ! Aïe ! J’ai des courbatures de la veille. Mes cuisses et mes bras me font souffrir. « De la bonne souffrance » comme dirait mon père, en bon sportif. Finalement, la nuit n’a pas été si terrible si j’omets les ronflements intempestifs de nos voisins de chambrée. Ce matin, c’est le capitaine qui nous prépare le petit dèj, et vu la tête de certains, on va avoir besoin de café. Tout le monde se marre, l’ambiance est comme la veille, bon enfant. On reconnait par les valises qu’ils traînent sous les yeux, ceux qui n’ont pas très bien dormi. Le capitaine passe voir chaque membre de son équipage pour lui décerner avec bienveillance son « Dauphin » qui officialise sa petite formation de sous-marinier.

Encore quelques questions et il est déjà l’heure de sortir. Cela fait 12h que nous n’avons pas vu l’extérieur. Il est 8h du matin et le soleil est éclatant. Nous sortons du submersible avec une pointe au cœur et la sensation que l’expérience était trop courte. Les visiteurs ont même du mal à se séparer… On imagine alors aisément la relation que peuvent avoir 60 hommes après avoir partagé ce même espace pendant plusieurs mois.

Quelle expérience incroyable nous venons de partager tous ensemble. Je vous recommande absolument d’aller tenter l’aventure qui passionne les petits comme les plus grands. Gallien et moi sommes aux anges. Nous restons aux alentours de l’Onondaga quelques instants supplémentaires comme pour allonger encore un peu l’aventure avec une pointe de nostalgie. Nous reprenons la route avec notre écusson de sous-marinier fièrement brandi sur nos T-shirts et des souvenirs plein la tête.

LES LIENS UTILES

www.bassaintlaurent.ca
www.domainevalga.com
www.domainevalga.com/foret-de-maitre-corbeau/
www.aventuresarchipel.com
www.shmp.qc.ca/

 

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