AVANT-PROPOS // Comment rendre un français amoureux du Québec ?

C’est la question que je me suis posée lorsque j’ai appris la venue de mon petit frère Gallien au Québec. Même si cela fait déjà plus de deux ans que j’ai posé mes valises à Montréal, il est le dernier membre de ma famille à ne pas avoir encore eu la chance de fouler mon nouveau pays d’accueil. Tout naturellement, c’est avec une énorme excitation que je me lance dans l’organisation d’un programme, mêlant nature et aventure, afin de lui faire vivre notre expérience Québec à 200%. Mais par où commencer ? Et surtout, où aller ? Le territoire à découvrir est immense ! J’ai envie de tout lui montrer à la fois mais ses deux semaines de voyages ici ne sont guère suffisantes pour retracer mes innombrables découvertes que j’ai faites pendant mes deux années au Québec. C’est évident, nous devons faire des choix.

Après de multiples recherches sur le web et de nombreuses heures à feuilleter les guides touristiques, nous décidons de passer trois jours à la découverte de la région du Bas Saint-Laurent.

Cette région, qui comme son nom l’indique, est située sur la rive sud de l’estuaire du Saint-Laurent. Cette vaste terre est moins connue par les touristes qui ont tendance à lui préférer ses voisines d’en face (Le Saguenay-Lac-Saint-Jean et son Fjord majestueux ou la Côte-Nord et sa proximité avec les cétacés unique au monde) mais n’a pourtant pas à rougir tant elle regorge d’activités sportives, insolites et plein-air. Puis c’est là une belle opportunité pour moi d’aller découvrir cette région que je ne connais pas encore !

Notre programme sur-mesure nous a été proposé par Tourisme Bas-Saint-Laurent. L’itinéraire a été déterminé en fonction de nos préférences, naturellement orienté « Nature » et « Aventure » dont voici les étapes, jours après jours.

LE PARC NATIONAL DU BIC

Nous arrivons par le traversier où nous sommes partis des Escoumins sur la Côte-Nord. Après une calme traversée d’environ deux heures où nous avons eu la chance de voir nombre de rorquals et bélugas (même une queue de baleine à bosse !), nous arrivons à Trois Pistoles dans le Bas-Saint-Laurent.

Nous prenons la route direction le Parc national du Bic (et non «de la Bique », chers amis français ^^). C’est la première fois que je vais découvrir ce parc qui a la réputation d’être l’un des plus beaux de la SEPAQ et pour cause… Imaginez des îles, des baies, des caps, des points de vue incroyables sur le fleuve, habités par une faune sauvage en totale liberté. Nous entamons la courte randonnée du Chemin du nord. On nous conseille de compter une bonne heure pour faire les 4km du sentier mais finalement nous aurons besoin de l’après-midi entière… Les paysages sont tellement beaux que nous nous arrêtons tous les deux mètres pour prendre une photo !

Le calme se brise occasionnellement aux cris des goélands, des iris sauvages poussent sur les rochers. Soudain, on repère des traces de sabots sur le sable. On réalise que cet endroit est le paradis des amoureux d’oiseaux marins qui seront ravis de pouvoir y observer les rares Eiders à duvet.

Nous gardons le silence et observons au loin en espérant trouver les phoques. Ils sont si nombreux sur le parc qu’ils en sont d’ailleurs devenus l’emblème. Pendant la période estivale, les observations sont multiples et accessibles à tous depuis la côte. Phoques gris ou phoques communs, ils aiment se prélasser sur les plages alors… restez à l’affût, armez-vous de patience, et croisez les doigts ! Cette fois-ci la chance n’est pas de notre côté puisque malgré nos recherches, nous n’avons vu aucun phoques pointer le bout de son museau… La prochaine fois, nous nous laisserons tenter par l’activité proposée par la SEPAQ pour l’observation en compagnie de gardes-parc naturalistes pour optimiser nos chances. C’est certain !

Cet endroit est magnifique et nous nous imaginons profiter d’un de ces fameux couchers de soleil qui participent à la réputation du lieu. Ils sont même classés au 2ème rang selon National Geographic des plus beaux du monde, juste après ceux d’Hawaï. Une vraie fierté nationale. Malheureusement pour nous, le ciel est gris aujourd’hui. Pour voir le ciel s’enflammer, il nous faudra revenir.

Finalement la pluie s’abat sur le parc en fin de journée, nous décidons de nous diriger vers notre lieu d’accueil pour la nuit : Le Domaine Floravie.

LE DOMAINE FLORAVIE

Lorsque l’on parle du Canada, nous vient en tête cette image d’immense chalet en bois rond avec de grandes pièces et une tête de caribou accrochée sur la cheminée… Eh bien au Domaine Floravie, on en n’est pas si loin sauf que… les chalets sont minuscules ! Nous passons la nuit dans l’un des sept petits chalets sur roues du domaine également appelés « Tiny Houses ». Entièrement construites avec du bois de la région, ces minuscules habitations de moins de 20m² sont autonomes en énergie grâce à leurs panneaux solaires fixés sur le toit.

Nous sommes chaleureusement accueillis par Julie et Donald, les propriétaires de ce petit coin de paradis. Ils nous emmènent faire le tour de notre chalet pour la nuit. Pour nous, ce sera le petit rouge au fond, vous voyez ? C’est celui qui est entouré de milliers de fleurs des champs… Et ça tombe bien, c’est ma couleur préférée ! Donald nous explique le fonctionnement du système d’eau chaude et des toilettes sèches. Eh oui ! Ici tout est 100% écolo ! L’eau de pluie est collectée, la quantité d’eau est rationnée, il n’y a qu’une seule prise électrique dans le chalet. Tout est mis en place pour minimiser l’impact écologique à son maximum.

Et quelle ambiance ! Les autres chalets sont suffisamment espacés pour nous permettre d’avoir une certaine intimité et un calme reposant. Malheureusement il pleut encore dehors… Dommage, nous aurions aimé faire dorer des chamallows dans le puit de feu en admirant les douces lueurs du soir. Nous nous contenterons de quelques fruits assis à l’unique table de l’unique pièce de l’habitation. L’heure est au dodo, nous partons nous coucher. Ce sera le canapé lit du salon pour Gallien et le lit double en mezzanine pour moi !



Au petit matin, la pluie s’est arrêtée. Je laisse mon frère terminer sagement sa nuit pour sortir enfin mon appareil photo ! Je descends les quelques marches du chalet et l’herbe mouillée trempe mes baskets. L’épais brouillard qui s’est établi sur le domaine pendant la nuit donne une ambiance mystique au lieu. Je décide de m’éloigner en prenant le chemin qui longe le fleuve quand je tombe soudainement nez à nez avec un petit renard roux. Il est curieux et me regarde m’approcher avec mon impressionnant appareil photo. Je m’amuse à le suivre jusqu’à ce qu’il quitte le chemin pour se cacher dans le champ des fleurs. C’est si beau que j’ai envie d’arrêter le temps. Après quelques jolies prises de vues, je ne tarde pas à rentrer au chalet. Nous sommes attendus pour notre activité du matin au Domaine Valga et le temps presse. Nous plions les bagages et quittons le domaine avec l’envie de revenir une autre fois mais cette fois… un peu plus longtemps !

LES LIENS UTILES

http://www.sepaq.com/pq/bic/
https://domainefloravie.com
www.bassaintlaurent.ca

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