Nager dans un rapide, faire des sauts de plusieurs mètres depuis des rochers, descendre en rappel, passer derrière une cascade… Voilà ce qui nous attend lors de notre activité Canyoning au Parc de la chute Sainte-Agathe-de-Lotbinière. Il est 13h, le soleil brille.

NOTRE ARRIVÉE AU PARC.

Nous rejoignons Stéphanie et Antoine, les guides professionnels qui nous accompagneront pendant les trois heures de sortie devant le petit restaurant du parc. Nos wetsuits, casques et baudriers nous attendent déjà, suspendus au bout d’une corde. Avant même d’enfiler tout notre attirail, nous signons une décharge prévenant des risques liés à la pratique de ce sport potentiellement à risques. Même si nous avons déjà fait plusieurs sorties dans les canyons français réputés plus abrasifs et que nous disposons de bonnes conditions physiques, nous savons que le risque zéro n’existe pas. Rassurez-vous, tout se passera bien pour nous !

ENFILER UN WETSUIT OU COMMENT PERDRE SA CRÉDIBILITE EN 10 SECONDES.

Stéphanie nous indique la façon dont nous devons nous équiper. Après s’être tous mis en maillot de bain, nous commençons par nous habiller de nos combinaisons Néoprène. Pas de chance pour nous, elles sont encore mouillées d’une sortie réalisée la veille, nous compliquant davantage la tâche. Ça colle à la peau, ça s’étire difficilement… Il faut user d’une certaine stratégie pour ne pas trop galérer et ne pas avoir l’air de se bagarrer avec un chewing-gum géant. Cette première phrase aura au moins le mérite de faire tomber les barrières et d’enclencher un fou rire général au vue de nos confortions improbables. S’en suivent la veste, les chaussettes, les baudriers avec mousquetons et les casques.

DÉBUT DU PARCOURS : DESCENTE EN RAPPEL ET SAUT DE 5 MÈTRES.

C’est donc avec une certaine classe que nous nous rendons au début du parcours, au niveau du pont couvert. Tandis qu’Antoine part installer le premier rappel, Stéphanie nous fait un rapide briefing sur la manière dont il faut se positionner pendant la descente. Après une micro-simulation, nous sommes déjà en haut d’une paroi d’une dizaine de mètres surplombant un courant d’eau. Je suis la première à se lancer dans le vide. Face à la paroi rocheuse, je m’assoie dans mon baudrier, jambes en tension contre les rochers et commence à glisser doucement vers le bas. En quelques secondes, il ne reste plus qu’un ou deux mètres qui me séparent de l’eau. Stéphanie me propose de tout lâcher d’un coup pour plonger… Moi qui pensais faire un amerrissage en douceur, c’est raté ! Après une réception plus que douteuse, je savoure la fraicheur de l’eau qui entre dans la combinaison et m’éloigne m’agripper à des rochers un peu plus loin. C’est au tour de Florian de me rejoindre avec un sérieux air à la James Bond et une dextérité que je jalouse encore. La classe. Et dire que c’est mon mec.

Nous sommes enfin tous à l’eau. Il était temps. C’est qu’il fait chaud dehors et avec tout cet équipement, j’avais l’impression d’être un sushi tout détrempé. Nos sympathiques guides nous proposent de faire notre premier saut d’environ 5 mètres. Nous relevons le défi aisément, habitués à des sauts pouvant dépasser les 10 mètres. L’ambiance est bon enfant. Nous ne sommes que tous les 4 et cela nous permet d’établir un vrai contact entre nous.

RAPPEL DE 12 MÈTRES ET PASSAGE SOUS LA CASCADE.

L’eau est assez calme en cette saison et le niveau est relativement bas. À certains endroits, nous devons faire attention à ne pas percuter les rochers en nageant. Parfois nous sommes obligés de marcher pour passer au-dessus d’un obstacle habituellement submergé. Nous qui cherchions un peu d’adrénaline, nous remettrons ça une prochaine fois. Aujourd’hui notre sortie s’apparente plus à un amusant circuit d’aventures en eaux vives. Le bas niveau de l’eau permet à la chute de laisser apparaitre des cuvettes naturelles. Cela n’arrive que quelques jours dans l’année : nous sommes chanceux ! Stéphanie nous autorise à piquer une tête dans ces mini-bassins creusés par l’érosion. Le décor est fabuleux. La chute, toute proche, s’éclate sur des rochers à une douzaine de mètres en contrebas créant un sacré brouhaha.

Antoine nous fait signe, le système du rappel est mis en place. Comme au premier coup, c’est moi qui ouvre la voie. Suspendue à une corde, la descente s’annonce plus périlleuse que la première. En effet, la paroi étant moins régulièrement, il me faut être prudente pour ne pas basculer et, je cite, « ne pas me fracasser le nez sur la roche ». Je sens une pointe de stresse. Heureusement je descends sans encombre ainsi que le reste de l’équipe. Pour retrouver nos esprits, rien de telle qu’une petite douche froide ! Nous nous retrouvons sous le débit impressionnant de la cascade. Le fracas de l’eau sur nos casques est tel qu’on ne s’entend plus parler. On profite en même temps d’un message des trapèzes à moindre coût.

LA FIN DU PARCOURS.

L’activité s’enchaine sur plusieurs centaines de mètres. On multiplie les petites expériences amusantes : descente sur le dos d’un rapide, ballotage dans la « machine à laver ». On traverse la plage du parc prise d’assaut en cette magnifique journée de vacances ensoleillée et le moins qu’on puisse dire, c’est que nous ne passons pas inaperçus dans notre tenue. Tous les regardes sont fixés sur notre quatuor. Le Canyoning est une activité très récente au Québec et certains baigneurs s’approchent pour en apprendre un peu plus. Une fois la plage dépassée, les paysages changent et le canyon se fait plus étroit. Nous sommes entourés de falaises où poussent d’immenses sapins. C’est magnifique.

Enfin nous sortons de l’eau pour le clou du spectacle, la tyrolienne coulissante. Après une courte ascension, nous sommes à une vingtaine de mètres au-dessus du ravin. Nous avions l’habitude de faire de la tyrolienne classique, comme en accrobranche par exemple mais cette fois-ci, aucune plateforme n’est prévue pour accueillir la réception. La corde est accrochée directement à un anneau au milieu de la falaise d’en face. Je suis sûre qu’à cet instant précis, des points d’interrogation clignotent au-dessus de ma tête. Finalement, c’est Florian qui passe en premier. L’objectif est simple : débuter la descente en rappel puis arriver à 10 mètres du sol, tout lâcher pour terminer dans l’eau en glissant de long de la corde. Cela vous parait abstrait ? Imaginez mon appréhension lorsque j’ai vu Florian foncer tout droit vers la falaise avant de tomber dans l’eau. Il ressort de l’eau, vivant ; je souffle soulagée. À mon tour maintenant. Le cœur serré, je me lance dans le vide. Je pense que mon cerveau s’est déconnecté quelques instants puisque que je plonge dans l’eau avant même d’avoir pris ma respiration. Je suis entière moi aussi, je tremble encore d’excitation. Quelle émotion ! Une vraie découverte ! Nous qui voulions avoir des petits picots de peur dans les doigts, nous sommes servis !

Cela signe la fin de la sortie. Nous rentrons au camp où il nous faut rincer notre matériel avant de repartir. Bilan de l’activité : de nouveaux amis, de chouettes images, un gros hématome, quelques courbatures et surtout des super souvenirs de cet après-midi d’aventure.

 

LES LIENS UTILES

www.chutesteagathe.com/canyoning
www.chaudiereappalaches.com

 

Comments are closed.